Tu veux te lancer sur Polkadot, tester le staking, recevoir des DOT, interagir avec des dApps Web3… mais tu bloques dès la première étape : créer un wallet. Normal. L’écosystème Polkadot est puissant, mais il a ses codes. Et Polkadot.js, c’est un peu “le cockpit” officiel : complet, parfois intimidant, mais ultra fiable quand tu sais où cliquer. Avant de rentrer dans le concret, deux mots sur Polkadot. Polkadot, c’est une blockchain pensée pour l’interopérabilité : plusieurs réseaux (parachains) connectés à une chaîne centrale (Relay Chain), avec une sécurité partagée et une gouvernance on-chain. En clair : un gros hub Web3 qui veut permettre à plein de blockchains de bosser ensemble sans se marcher dessus. Et Polkadot.js, c’est la porte d’entrée historique de cet univers. Ce n’est pas le wallet “le plus sexy” du marché, mais c’est un outil de référence. Si tu veux comprendre Polkadot, tu vas forcément croiser Polkadot.js à un moment.

Créer un portefeuille Polkadot.js : guide pour débutants
Comprendre Polkadot.js : extension, interface, et ce que tu vas vraiment utiliser
Quand les gens disent “Polkadot.js”, ils parlent souvent de deux choses différentes :
La Polkadot.js Extension (extension navigateur). C’est ton “wallet” au sens classique : elle stocke tes comptes, tes adresses, et te permet de signer des transactions.
L’Apps Polkadot.js (l’interface web : polkadot.js.org/apps). C’est le tableau de bord : tu y gères tes comptes, tu envoies des tokens, tu fais du staking, tu votes en gouvernance, tu interagis avec des parachains, etc.
Pour démarrer, retiens un truc simple : tu crées ton compte dans l’extension, et ensuite tu l’utilises dans l’interface Apps (ou dans d’autres dApps compatibles).
C’est une approche très “Web3 natif”. Moins “grand public”, mais plus proche de la réalité crypto : ton navigateur devient ton coffre-fort.
Pré-requis : ce qu’il te faut avant de créer ton wallet
Tu n’as pas besoin de grand-chose, mais il faut être carré. En crypto, la base c’est la sécurité.
Tu as besoin :
- D’un ordinateur (c’est mieux que mobile pour Polkadot.js).
- A partir d’u, navigateur type Chrome, Brave ou Firefox.
- D’un endroit sécurisé pour noter ta phrase de récupération (seed phrase). Pas dans un cloud. Pas en screenshot. Pas dans tes notes iPhone.
L’objectif : créer un portefeuille Polkadot.js propre, que tu peux utiliser pour DOT, KSM (Kusama), et plein d’autres réseaux basés sur Substrate.
Installer l’extension Polkadot.js (la partie “wallet”)
Tu vas sur le store officiel de ton navigateur et tu cherches “Polkadot{.js} extension”.
Vérifie bien :
Le nom exact : Polkadot{.js} extension.
L’éditeur : Parity Technologies.
Les avis et le nombre d’utilisateurs.
Pourquoi je te fais insister là-dessus ? Parce que les fausses extensions, c’est un classique. Et elles ne “volent” pas ton argent en mode film hollywoodien : elles attendent juste que tu importes ta seed phrase. Ensuite c’est fini.
Une fois installée, tu vois une petite icône Polkadot.js dans ton navigateur.
Tu es prêt pour le vrai moment : créer ton compte.
Créer un nouveau compte : étape par étape, sans stress
Ouvre l’extension. Tu vas voir une option du style “Create new account”.
Là, Polkadot.js te génère une seed phrase (souvent 12 mots). C’est la clé de ton wallet. Pas “un mot de passe”. Pas “un code”. C’est littéralement la propriété de tes fonds.
Règle numéro 1 : si quelqu’un a ta seed phrase, il a ton wallet. Même si toi tu as ton mot de passe local.
Concrètement :
Tu notes les mots dans l’ordre, sur papier.
Fais idéalement deux copies, rangées à deux endroits différents.
Tu ne la tapes jamais dans Google Drive, Notion, ou un mail. Jamais.
Ensuite l’extension te demande de confirmer la seed phrase. C’est une étape anti-erreur. Fais-la tranquillement, sans copier-coller.
Puis tu vas définir :
Un nom de compte (juste pour toi, pratique si tu crées plusieurs comptes).
Un mot de passe local pour l’extension.
Attention : ce mot de passe ne remplace pas la seed phrase. Il sert à déverrouiller la signature des transactions sur ton PC. Si tu le perds, tu peux restaurer avec la seed phrase. Si tu perds la seed phrase, personne ne peut t’aider. Même pas Polkadot. Même pas la blockchain. C’est le jeu.
Ton compte est créé. Bravo. Mais tu n’as pas encore “vu” ton adresse ni connecté ton compte à l’interface.
Comprendre ton adresse Polkadot (et pourquoi elle peut changer selon le réseau)
Dans l’extension, tu vas voir une adresse du type :
Un long format alphanumérique, souvent commençant par un chiffre/une lettre selon le réseau.
Ce qui surprend beaucoup de débutants sur Polkadot : une même clé peut avoir des adresses différentes selon la chaîne.
Polkadot, Kusama, et certaines parachains ont leurs propres préfixes d’adresse. Tu peux donc voir ton adresse “se transformer” selon le réseau sélectionné. C’est normal.
Ce que tu dois retenir :
Ton compte est le même.
L’affichage de l’adresse s’adapte au réseau (DOT, KSM, etc.).
Quand tu reçois des tokens, vérifie toujours que tu es sur le bon réseau.
Erreur classique : copier une adresse affichée sur un réseau X et l’utiliser sur un réseau Y. Parfois ça passe, parfois tu te mets dans une situation compliquée. Donc : vigilance.
Connecter ton wallet à Polkadot.js Apps (le tableau de bord)
Maintenant, tu veux utiliser ton compte. Direction :
polkadot.js.org/apps
C’est l’interface officielle. Tu peux la considérer comme une “console” Web3.
Quand tu arrives, la page peut détecter l’extension. Si tout est OK, tu verras ton compte apparaître dans l’onglet Accounts.
Si tu ne vois rien, check rapide :
- Extension installée et active.
- Autorisation donnée au site (l’extension peut demander la permission).
- Tu es sur le bon navigateur/profil.
Une fois connecté, tu peux déjà faire des actions basiques : voir ton adresse, ton solde (quand tu auras des DOT), et préparer des transactions.
Choisir le bon réseau : Polkadot, Kusama, ou une parachain ?
Dans Polkadot.js Apps, tu peux sélectionner le réseau en haut à gauche.
Tu vas voir des options comme :
- Polkadot (DOT)
- Kusama (KSM)
- Westend (testnet)
Et plein de parachains (Acala, Astar, Moonbeam, etc., selon les périodes et la config)
Pour débuter, vise simple :
Si tu as des DOT, reste sur Polkadot.
Si tu veux tester sans risque avec de faux tokens, utilise Westend (testnet).
Kusama, c’est plus “expérimental”. Bien, mais plus nerveux.
Ce choix est crucial parce que :
- Les adresses affichées peuvent changer.
- Les soldes dépendent du réseau.
- Les transactions ne sont pas interchangeables entre chaînes.
Recevoir des DOT : comment obtenir ton adresse proprement
Pour recevoir des DOT, tu as besoin de ton adresse Polkadot.
Dans l’extension, tu peux copier l’adresse.
Dans Polkadot.js Apps, tu peux aussi la copier depuis ton compte.
Astuce de base : quand tu copies ton adresse, colle-la dans un bloc-notes et vérifie visuellement les premiers et derniers caractères. Ça limite le risque de malware “clipboard” (qui remplace l’adresse au collage).
Ensuite, tu peux envoyer des DOT depuis un exchange (Binance, Kraken, Coinbase selon dispo) vers cette adresse.
Attention aux points suivants :
Tu dois choisir le réseau de retrait Polkadot (DOT) sur l’exchange.
Tu ne dois pas choisir un réseau “compatible” au hasard (type BSC, etc.) juste parce que les frais sont plus bas. Sur Polkadot, ça ne marche pas comme ça.
En cas de doute : petit montant test d’abord. Toujours.

Envoyer des DOT depuis Polkadot.js : ta première transaction
Dans Polkadot.js Apps, tu vas généralement dans Accounts puis “Send” (ou via l’onglet “Extrinsics” selon l’interface).
Tu choisis :
- Le compte source.
- L’adresse de destination.
- Le montant.
Ensuite tu signes avec l’extension. C’est là que ton mot de passe local sert.
Tu verras des informations de frais. Sur Polkadot, les frais sont souvent raisonnables, mais ils varient selon la charge du réseau.
Point important : sur Polkadot, tu dois souvent garder un minimum de solde pour que le compte reste “vivant” (existential deposit). Si tu vides ton compte à zéro, il peut être “reaped” (en gros : supprimé côté état). Ce n’est pas dramatique, mais ça surprend. Donc évite d’envoyer 100% de ton solde.
Sauvegarder et restaurer ton portefeuille (la vraie compétence long terme)
Créer un wallet, c’est 5 minutes. Le garder en sécurité, c’est sur le long terme.
Ta seed phrase est la clé. Mais tu peux aussi utiliser des exports et des fichiers JSON selon tes besoins.
Dans l’extension, tu peux exporter ton compte en fichier (souvent protégé par un mot de passe). Ça peut être pratique, mais ce n’est pas un remplacement de la seed phrase. C’est une “copie” chiffrée, utile pour migrer sur un autre PC.
Pour restaurer ton wallet :
Tu réinstalles l’extension.
- Tu fais “Import account”.
- Entre la seed phrase.
- Tu remets un nom + mot de passe local.
- Et tu récupères ton accès. Simple, si tu as bien gardé la seed phrase.
Créer plusieurs comptes : un compte pour tester, un compte pour sécuriser
Sur Polkadot.js, tu peux créer plusieurs comptes dans l’extension.
C’est une bonne pratique :
- Un compte “hot” pour interagir avec des dApps, faire des tests, signer souvent.
- Un compte “cold” ou “vault” pour stocker des DOT long terme, signer rarement.
Même si Polkadot.js n’est pas un hardware wallet en soi, tu peux combiner Polkadot.js avec des solutions plus sécurisées. L’idée, c’est de compartimenter : si ton compte “hot” est exposé, tu ne perds pas tout.
Polkadot.js et staking : ce que tu dois savoir avant de cliquer partout
Staking DOT : est-ce un bon investissement passif ?Beaucoup créent un portefeuille Polkadot.js pour une raison : le staking DOT.
Tu peux staker via Polkadot.js Apps, mais l’interface est dense. Et sur Polkadot, le staking a des spécificités : nominateurs, validateurs, périodes, slashing potentiel, etc.
Si tu débutes, retiens juste :
- Le staking peut immobiliser tes fonds selon les règles du moment.
- Tu dois comprendre les paramètres de base avant de “bond” tes DOT.
- Tu peux gagner des récompenses, mais il existe des risques (surtout si tu choisis mal tes validateurs).
Polkadot évolue beaucoup sur ce sujet (mécaniques, UX, gouvernance). Donc avant de staker, lis les infos à jour sur l’interface, et commence petit.
Limites, risques et freins liés au thème
Polkadot.js est un outil sérieux, mais il a des zones de friction. Et si tu es débutant, mieux vaut les connaître avant de faire une erreur coûteuse.
Déjà, l’UX. Polkadot.js Apps est riche, mais pas “friendly”. Tu as beaucoup d’onglets, de jargon (extrinsics, governance, proxy, multisig), et parfois tu ne sais pas si tu es sur le bon réseau. C’est un frein énorme pour l’adoption. Même des gens à l’aise en crypto se sentent perdus au début.
Ensuite, il y a le risque classique de tous les wallets non custodial : la seed phrase. Si tu la perds, c’est fini. Si tu la leaks, c’est fini. Polkadot.js n’y change rien. Il te donne le contrôle, donc il te donne aussi la responsabilité totale.
Autre point : les adresses multi-réseaux. Sur Ethereum, ton adresse reste la même partout (ou presque, selon L2 mais c’est un autre sujet). Sur Polkadot, l’adresse peut s’afficher différemment selon la chaîne. Ce n’est pas forcément dangereux, mais c’est déroutant. Et la confusion mène aux erreurs.
Il y a aussi un sujet “sécurité navigateur”. Polkadot.js Extension vit dans ton navigateur. Donc si ton PC est infecté, si tu installes des extensions douteuses, si tu te fais phisher via un faux site polkadot.js, tu peux te faire voler tes fonds. Ça ne veut pas dire que Polkadot.js est faible. Ça veut dire que ton environnement compte. Beaucoup.
Enfin, il y a les risques liés aux actions que tu fais ensuite : staking, gouvernance, interactions avec des parachains, signatures de transactions. Polkadot.js est une passerelle. Si tu signes une transaction mal comprise, la blockchain l’exécute. Point. Personne n’annule.
Le dernier frein, plus “macro”, c’est l’écosystème : Polkadot est solide techniquement, mais tout le monde n’y est pas. Certaines dApps sont moins connues que sur Ethereum ou Solana, certaines parachains ont des cycles, et les narratives bougent vite en crypto. Résultat : tu peux avoir l’impression que Polkadot.js est un outil de niche, alors que Polkadot vise large. Ce décalage peut décourager.
Perspectives d’avenir et évolution potentielle du projet
Polkadot, c’est un projet qui n’a jamais joué la carte “marketing d’abord”. C’est plutôt “architecture d’abord”. Et ça se ressent dans Polkadot.js : c’est complet, modulaire, pensé pour exposer les fonctions du réseau, pas pour séduire.
Mais l’avenir, justement, c’est l’accessibilité.
Ce qu’on voit clairement dans l’écosystème, c’est une tendance : rendre Polkadot plus simple à utiliser, sans sacrifier la sécurité ni la décentralisation. Ça passe par de meilleures interfaces, plus de wallets alternatifs, des parcours staking plus digestes, et une couche d’abstraction au-dessus de la complexité Substrate.
Polkadot.js restera probablement l’outil de référence pour les utilisateurs avancés, les devs, les gens qui veulent tout contrôler. Un peu comme “le terminal” du Web3 Polkadot. Et c’est une bonne chose. Dans un monde crypto où beaucoup d’outils sont trop simplifiés, avoir une interface complète et transparente, c’est précieux.
En parallèle, Polkadot pousse l’idée d’un Web3 multi-chaînes mieux connecté. Si cette vision gagne, créer un portefeuille Polkadot.js aujourd’hui, c’est se positionner tôt sur un écosystème où les interactions cross-chain, la gouvernance on-chain, et les parachains spécialisées peuvent prendre plus de place.
Il y a aussi une évolution naturelle côté sécurité : plus d’intégration avec des solutions de signature offline, des schémas de comptes plus avancés (multisig, proxies, séparation des rôles), et une maturité croissante des standards wallet dans l’écosystème. Polkadot est très “gouvernance”, donc les règles changent, et les outils doivent suivre.
Enfin, il y a un point sous-estimé : apprendre Polkadot.js, c’est apprendre une logique Web3 plus “propre”. Tu comprends ce que tu signes. Et aussi, les réseaux. Tu comprends la différence entre interface et clé privée. C’est un investissement. Pas juste un wallet.
Si ton objectif, c’est de devenir à l’aise en crypto et pas juste “acheter un token”, alors oui : Polkadot.js est un excellent terrain d’entraînement. Et une fois que tu l’as dompté, tu te sens beaucoup plus solide sur le reste du Web3.